
Connues sous une multitude de noms selon l’endroit où elles sont cultivées, les fausses bananiers Ensete sont une culture vivrière importante dans de nombreuses régions d’Afrique. La culture de l’Ensete ventricosum est présente en Éthiopie, au Malawi, dans toute l’Afrique du Sud, au Kenya et au Zimbabwe. Apprenons-en davantage sur les fausses bananiers.
Qu’est-ce que le faux bananier ?
Culture vivrière précieuse, l’Ensete ventricosum fournit plus de nourriture par mètre carré que n’importe quelle autre céréale. Connu sous le nom de « faux bananier », l’Ensete ventricosum ressemble à son homonyme, mais en plus grand : il mesure 12 mètres de haut, ses feuilles sont plus dressées et ses fruits ne sont pas comestibles. Les grandes feuilles sont en forme de lance, disposées en spirale, et sont d’un vert vif avec une nervure centrale rouge. Le « tronc » du faux bananier Ensete est en réalité composé de trois sections distinctes. À quoi sert donc le faux bananier ? À l’intérieur de ce tronc d’un mètre d’épaisseur, ou « pseudo-tige », se trouve le produit principal, une moelle riche en amidon, qui est réduite en pulpe puis fermentée pendant trois à six mois sous terre. Le produit obtenu, appelé « kocho », ressemble un peu à du pain lourd et se consomme avec du lait, du fromage, du chou, de la viande et/ou du café. Les Ensete faux bananiers fournissent non seulement de la nourriture, mais aussi des fibres pour fabriquer des cordes et des nattes. Le faux bananier a également des usages médicinaux dans la cicatrisation des plaies et des fractures, leur permettant de guérir plus rapidement.
Informations supplémentaires sur le faux bananier
Cette culture traditionnelle de base est très résistante à la sécheresse et peut en fait vivre jusqu’à sept ans sans eau. Elle constitue une source alimentaire fiable pour la population et garantit l’absence de période de famine pendant la sécheresse. L’ensete met quatre à cinq ans pour arriver à maturité, c’est pourquoi les plantations sont échelonnées afin de maintenir une récolte disponible pour chaque saison. Alors que l’ensete sauvage est produit à partir de la propagation des graines, la culture de l’Ensete ventricosum se fait à partir de drageons, une plante mère pouvant produire jusqu’à 400 drageons. Ces plantes sont cultivées dans un système mixte associant des céréales comme le blé, l’orge ou le sorgho, le café et l’élevage à la culture de l’Ensete ventricosum.
Le rôle de l’ensete dans l’agriculture durable
L’ensete sert de plante hôte à des cultures telles que le café. Les caféiers sont plantés à l’ombre de l’ensete et nourris par le vaste réservoir d’eau que constitue son tronc fibreux. Il en résulte une relation symbiotique, avantageuse tant pour l’agriculteur qui cultive des denrées alimentaires que pour celui qui cultive des cultures commerciales, et ce de manière durable. Bien qu’il s’agisse d’une plante alimentaire traditionnelle dans de nombreuses régions d’Afrique, toutes les cultures ne la cultivent pas. Son introduction dans davantage de ces régions est extrêmement importante et pourrait être la clé de la sécurité nutritionnelle, favoriser le développement rural et soutenir l’utilisation durable des terres. En tant que culture de transition remplaçant des espèces nuisibles à l’environnement telles que l’eucalyptus, l’Ensete est considéré comme une véritable aubaine. Une alimentation adéquate est nécessaire et s’est avérée favoriser un niveau d’éducation plus élevé, une meilleure santé et une prospérité générale.




